Il y a des mots qu’on prononce souvent sans vraiment les comprendre. « Réussir » en fait partie. Il brille dans les discours, s’impose dans les conversations, mais se fane parfois dans les consciences. On court après lui comme on court après un mirage, persuadé qu’il se cache derrière un titre, une maison, une silhouette parfaite.
Et si, finalement, la réussite n’était qu’une histoire de paix intérieure ?
Quand la vie t’arrête, tu apprends
Je me souviens d’avoir cru qu’il fallait courir. Courir après les objectifs,
les promotions, les validations. Puis la vie, dans sa façon souvent brutale de nous rappeler l’essentiel, m’a forcée à m’arrêter.
Quand tout s’est effondré, je n’ai plus eu que deux choses : mon fils, et le ciel.
Chaque soir, une étoile brillait au même endroit. J’y voyais une présence, un signe, peut-être une main tendue. Mon fils disait que c’était son père,
moi j’y voyais la preuve que la lumière revient toujours, même après le noir.
Ce soir-là, j’ai compris : réussir, c’est continuer d’aimer quand on pourrait se fermer.
La réussite n’est pas un podium, c’est un mouvement
On parle souvent de réussite comme d’un aboutissement. Je crois qu’elle est un mouvement. Elle respire, évolue, trébuche, recommence.
Elle n’a rien à voir avec les applaudissements ou les chiffres. Elle tient dans une respiration calme, dans un choix juste, dans la capacité à dire « non » à ce qui nous épuise.
Je regarde autour de moi et je vois tant de visages fatigués d’essayer de « tenir ».
Des femmes qui s’oublient, des hommes qui se perdent, tous à la poursuite d’une reconnaissance extérieure.
Pourtant, la vraie reconnaissance ne vient pas du monde. Elle vient du miroir, au matin.
De la paix que l’on ressent quand on sait qu’on a fait de son mieux, sans trahir ce qu’on est.
Discipline & douceur
Alors oui, la réussite demande de la discipline.
Mais elle demande surtout de la douceur.
Se lever chaque jour, respirer profondément, se rappeler que nous sommes vivants, voilà déjà une victoire.
Il m’a fallu perdre beaucoup pour comprendre cela.
Et aujourd’hui, je le sais : la réussite, ce n’est pas d’arriver.
C’est d’être là, debout, aligné, fidèle à soi-même.